La question mérite d’être posée…
La dernière AG de l’ANPI a connu un grand succès de participation, traduisant ainsi la bonne santé de l’association qui a largement dépassé les 1 000 adhérents, tous apparemment satisfaits de l’aide et du soutien qui leur est apporté.
Cependant les discussions et commentaires lors de l’AG et, aussi, les nombreux échanges de courriers ces derniers mois révèlent de fortes inquiétudes chez les instructeurs de l’ANPI.
Elles traduisent sans doute l’ensemble,, des inquiétudes actuelles du milieu « Aviation Légère », principalement en aéroclubs.
>Ces inquiétudes sont diverses mais pour les instructeurs elles se concentrent sur un certain nombre de problèmes :>
- incertitudes ou ambiguïtés sur la nouvelle réglementation EASA qui doit être mise en œuvre en Avril 2012, en particulier pour les FI non CPL,
- relations qui semblent se dégrader dans beaucoup d’aéroclubs, entre instructeurs et dirigeants et qui font l’objet de plus en plus de demandes d’intervention à l’ANPI,
- des mises en cause systématiques des instructeurs lors d’incidents ou accidents matériels avec les élèves pilotes,
- refus de nombreux aéroclubs d’un défraiement légitime des FI pour les frais qu’ils engagent,
- licenciements abusifs de certains instructeurs salariés, souvent anciens,
- interprétations fallacieuses des garanties de l’assurance FI-ANPI par certains dirigeants,
- nombreux témoignages du manque de considération affiché dans certains aéroclubs, et aussi certaines DSAC régionales, vis-à-vis des instructeurs très rarement associés aux décisions,
- difficultés diverses pour le renouvellement FE, sans raisons bien claires.
>Ce qu’il faut bien qualifier de « certain malaise » ou plutôt de « mécontentement certain » des instructeurs semble s’accentuer depuis quelques mois, tandis que le niveau de sécurité de vols ne s’améliore toujours pas de façon significative par rapport à nos voisins européens, malgré toutes les initiatives d’origines diverses, dont certaines confinent à la gesticulation.>
L’ANPI fait de son mieux pour soutenir et aider les instructeurs, y compris financièrement pour ceux qui sont en difficulté, mais les problèmes de fond, sous-jacents, ne pourront pas continuer d’être occultés par les différentes instances qui régissent notre activité.
La multiplication récente des écoles de pilotage professionnelles et commerciales ne traduirait-elle pas l’inadaptation de plus en plus flagrante de la formation au PPL au sein de structures associatives, souvent sympathiques mais pas toujours fiables, par des instructeurs à 90 % bénévoles, compétents et dévoués mais à qui on demande beaucoup et sans aucune contrepartie au regard des lourdes responsabilités qu’ils assument ?
>La question mérite d’être posée !>
Les instructeurs qui assurent, près de la moitié des heures de vol effectuées en France par l’Aviation Légère, veulent avoir leur mot à dire pour ce qui concerne les conditions d’exercice de leurs activités de formateurs et l’amélioration de la sécurité dont ils sont les acteurs clefs.
>L’ANPI soutiendra toutes les actions pour qu’un véritable « statut de l’instructeur » soit reconnu.>
Paris, le 1er juillet 2011
Roger PESSIDOUS
Président de l’ANPI
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