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Des exemples de ce qui nous est relaté : - « …tu passes trop
de temps aux briefings et débriefings …tu soulèves trop de questions de
sécurité ou de réglementation… tu ne voles pas assez alors que les élèves
attendent et sont là pour voler… »,
plus surprenant : - « …tu voles déjà
gratuitement et en plus tu réclames des défraiements ! », - « …les
instructeurs sont là pour faire voler les élèves, ils n’ont pas à se mêler
d’autre chose au club… », - «
... La sécurité des
vols, c’est l’affaire du seul Président … ».
D’autres encore font état de comportements
inacceptables de certains dirigeants notoirement incompétents mais très imbus
de leur autorité. Heureusement que certains présidents, souvent professionnels,
savent encore apprécier leurs instructeurs.
Si l’ANPI fait publiquement état de ces
« remontées » de plus en plus nombreuses c’est que nombre
d’instructeurs nous disent qu’ils vont bientôt arrêter, car ils ne se sentent
ni écoutés ni même considérés malgré les responsabilités importantes qu’ils
assument et la contribution majeure qu’ils apportent aux aéroclubs.
Chacun sait que les instructeurs sont les acteurs
principaux de l’activité aérienne (environ 40% du total), du maintien de la sécurité
des vols et aujourd’hui on sait aussi que la survie de nombreux clubs dépend en
grande partie de l’engagement des instructeurs bénévoles (# 90%).
Le mécontentement grandissant perçu aujourd’hui chez
de nombreux instructeurs a sans doute des causes diverses qui ne sont pas le
seul fait des clubs, mais aussi entre autres : - les exigences
tatillonnes, voire injustifiées, de certaines instances régionales de la DGAC pour le
maintien des qualifications des FI et FE, - l’absence de véritable
« statut » pour les instructeurs bénévoles qui a pour conséquence de
les mettre souvent en position ambiguë entre les exigences des Présidents de
Club et les responsabilités spécifiques des FI/FE qui sont imposées par la
DGAC.
Enfin, et surtout aujourd’hui pour les bénévoles (#
90 % des FI), l’absence totale de légitimes contreparties, claires et
reconnues, à leur engagement au profit des clubs, suscite chez nombre d’entre
eux, surtout les plus jeunes, un sentiment d’injustice et de déclassement qui
aboutit souvent à une perte de motivation ou à des réactions de prise
d’indépendance totale vis-à-vis des structures associatives.
Les nouvelles dispositions de l’EASA concernant les
instructeurs, et qui vont prochainement être mise en śuvre, vont provoquer sans
doute un clivage entre les FI actuels et les futurs LAFI cantonnés à la seule
formation des LAPL et placés sous la tutelle de on se sait qui (DGAC,
Fédération ?)
D’autre part, entre ceux qui, selon l’EASA, pourront
être rémunérés pour leurs activités (FI) et ceux qui ne le pourront pas (LAFI),
la différence de traitement ne va pas faciliter les relations au sein des
clubs.
Il n’est pas sûr, non plus, que dans ce contexte la
sécurité des vols, déjà à un niveau très inférieur à celui de nos grands
voisins européens, puisse s’améliorer.
L’ANPI, forte de la grande expérience que lui donne
ses contacts permanents et approfondis (stages FI) avec les instructeurs même parfois non adhérents, n’a pas la
prétention de proposer seule aujourd’hui des solutions à ces problèmes qui
s’aggravent mais elle tire simplement la sonnette d’alarme.
Si les instructeurs qui sont au cśur de notre
système associatif, spécificité française, ne sont pas entendus et un peu mieux
considérés au regard des responsabilités qu’ils assument et du rôle qu’ils
jouent, on verra surgir, de çi et de là, des initiatives désordonnées qui
créeront encore d’avantage d’incompréhension et de troubles au sein des clubs,
alors que beaucoup de ces derniers auront déjà beaucoup de mal à se conformer
aux nouvelles normes EASA d’habilitation à la formation.
L’ANPI sait aussi qu’elle aura très bientôt
elle-même à réfléchir sur de nouvelles
orientations pour de nouveaux objectifs, cohérents avec les changements qui
s’annoncent pour l’aviation légère.
Peut-être que des F I adhérents plus jeunes et moins
marqués par le passé de notre milieu sauront proposer et promouvoir les
adaptations qui vont devenir nécessaires pour exercer demain comme instructeur,
si on veut que notre aviation légère retrouve son dynamisme, son attrait pour
les jeunes, et aussi le plaisir qu’elle peut encore donner à tous les
passionnés de l’aviation.
Paris le
15 Août 2010 Roger Pessidous. Président ANPI
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